Créer un journal associatif est un moyen efficace pour créer du lien, parce qu'on ne fait pas une révolution tout seul dans son coin.

Voici ici l'exemple de Martine Broussole, présidente d'une association qui a lancé un petit journal local dans un village de Dordogne.

Si vous aussi vous participez à un journal et voulez apporter votre témoignage. Laissez un message sur ce blog.

 

Martine Broussolle :

L’idée de faire un journal est venue lors de notre participation aux dernières élections municipales (2014). À la rencontre des gens, nous nous sommes aperçu qu’ils étaient intéressés par ce qui se passait dans la commune et qu’ils déploraient un manque d’information. Cette demande était à la fois sur les décisions prises par les élus, la vie associative, en fait, la vie du village.

Le journal, qui est gratuit, a été crée pour apporter un lien entre les habitants, et de faire un compte rendu des réunions du conseil municipal avec nos ressentis en tant que public. Il s’ouvre à tous ceux qui ont envie de partager : un coup de gueule, un poème, une recette, une information, et propose des petites annonces avec les "coups de mains".

Ce journal est accueilli de deux façons : ceux qui trouvent que l’humour, les infos, « ça fait du bien », et ceux qui n’aiment pas et qui tirent dessus à boulet rouge : "les élus". Car l’habitude dans nos communes était que personne ne vienne assister aux conseils municipaux, et tout se passait entre élus. Moins les électeurs étaient au courant moins les élus avaient de compte à rendre. Tout change, et aujourd'hui, nous portons leurs décisions sur la place publique. Mais, pour ou contre, le journal est lu par tous.

Le journal existe depuis 4 ans, et, comme tout mouvement associatif, au début, il y avait beaucoup de monde pour écrire, pour distribuer. Mais, au fil du temps il n’y a moins de volontaires et il est écrit principalement par un petit noyau de résistants. La difficulté est de se renouveler. D’abord mensuel, le journal parait maintenant tous les 2 mois. La distribution dans les boites aux lettres a été remplacée par des dépôts chez les commerçants.

Pour écrire certains articles, j’ai du chercher des informations, me documenter pour pouvoir partager et cela m’a enrichi. J’assiste aux conseils municipaux et j’écris des "brèves de conseil" alors que je ne savais même pas que c’était public. J’ai pu en quelque sorte être au cœur des décisions municipales et cela a enrichi ma conscience de citoyen. Même écrire dans un tout petit journal sans prétention m’a apporté beaucoup de satisfactions.

logo